Tu vois où nous en sommes arrivées toutes les deux ? A plus pouvoir être sincère l'une envers l'autre. A plus pouvoir se parler, puisque tu finis toujours par élever ta voix plus haut que la mienne. Tu te rends pas compte que c'est le déclencheur qui fait que ma voix, elle aussi se met à crier. En même temps, tu te rends jamais compte de rien. Toutes les deux, on vit un enfer. Un enfer pérpetuel. Quand ça va, ça va pas. Ca va plus. Tu devrais prendre place dans ma vie comme un modèle et pourtant c'est tout le contraire. Je ferai tout pour pas te ressembler ou du moins ne pas faire les même erreurs. T'as raté ton enfance, ils t'ont pas laissé vivre ta vie et surtout ton adolescence. Mais tu vois, ça, c'est pas de ma faute. J'étais pas encore présente dans ta vie. C'est pas de ma faute tout ça, t'as le droit de me laisser vivre. T'as pas le droit de faire les même erreurs que tes parents.
J'passe pour la méchante. C'est énervant à un point. Surtout quand je ne fais rien. J'ai souffert et je souffre encore. Les injustices sont trop présentes entre Elle, toi & moi. Accuser à tort. Tu me dis que c'est toujours moi, que je rigole jamais. Et ça, honnêtement ça m'est égal. Il y à que la vérité qui blaisse. Et si tu passais un peu plus de temps avec moi qu'avec elle, tu saurais Tu saurais que je ne suis pas comme tu le décris. J'aurai voulu une maman plus présente pour moi, 9 mois. En même temps, là t'avais pas vraiment le choix. Tu m'as vraiment fait mal en me laissant 3 ans après comme si, je servais plus à rien. A part, être la seule personne sur qui tu pouvais crier, cracher tes nerfs, j'étais pas là, j'existais pas. Tu te rendais compte de rien et quand je te parle de tout ça. De tout ce qui se passe entre nous deux, ça te fais rire. Tu ignores. Et apparemment, ça te fais vraiment plaisir.
Pour ma part, c'est plutôt les larmes qui me viendraient. J'aurai vraiment aimé passer du temps avec toi. Ce que font normalement, les mères et filles normales. Et moi, non j'ai pas eu le droit à ça. Il me semble que tu me reproches quelques choses. Je ne sais pas quoi. Je l'ignore. Je vois pas ce que j'ai fait de mal à part vivre. Et vouloir que tu sois plus présente pour moi, vouloir passer du temps avec toi. Faut croire que les moments complices, ça doit pas être fait pour nous, pourtant, je demande que ça. C'est pas de ma faute ce qu'il t'est arrivé. Moi je t'aime. Comme une fille aime sa mère. Pendant un certain temps, t'étais là, tu me parlais de lui. Ca me plaisait, même si ça faisait mal. Parce que ça m'avait permis de retrouver ma maman. C'est fini lui & toi, tout les soirs, tu savais que je serais là pour te consoler, pour te serrer dans mes bras, j'étais là tout les soirs. Et du jour au lendemain c'était fini. C'est fini. Tu me parles plus. Lui & toi, c'est moi qui l'ai découvert, lui & toi c'est terminé. Alors forcément, t'as plus rien à me dire. On aurait pu parler d'autres choses, de la pluie et du beau temps, de garçons, ou bien simplement de nous, de toi, de moi. Et rattraper le temps perdu. Mais non. Ca ne t'as pas traversé l'esprit. C'est vrai que le temps des différends, ça devait te manquer. Avec un peu de chance. Dans quelques temps, tu viendra dans ma chambre, tu viendra me parler de ce nouveau lui, dont je ne connais encore rien.
En attendant, je te tiendrais plus tête,c'est promis. Je te laisserai t'emporter seule. J'écouterai le son de ta voix qui me reproche mes erreurs ou les erreurs des autres. Je te répondrai pas, ça t'énervera et ta voix s'élevera encore plus. Mais j'apprécierai. J'apprends à aimer ces instants. Après tout, c'est les seuls instants que l'on partage. Les seuls qui nous unient. Désolée Maman, c'était pas ce que je désirais.