[ Jérémy Chatelain - Vivre ça :
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Chère petite soeur,
J'ai bien reçu ta lettre. Elle me fait plaisir, et pour ne rien te cacher, me redonne un peu le sourire. Si tu savais comme j'aimerai te revoir une dernière fois au moins. Mais je respecte le choix de maman. Elle ne comprend pas, on ne peut pas lui en vouloir. Elle n'a pas connu ce que nous connaissons. Il faut lui pardonner.
Je suis désolée, mon but n'était pas de te faire perdre espoir. " tu étais mon dernier espoir, tu semblais forte." Oh tu sais il ne faut pas prendre exemple sur moi, et puis je ne suis pas forte, je suis faible. Les femmes fortes tombent de la même façon, mais après nous. Elles parviennent à reprendre pied dans la vie. Elles arrivent à faire comme-ci de rien n'était. Elles me font pitié. Au fond.
J'ai pas vraiment réfléchi à ce que je faisais. C'était comme la suite logique des choses. Mais s'il te plait. Toi. Reprend espoir. Il reviendra peut être à toi. Ou tu trouveras peut être mieux. Tu ne trouves pas ça ridicule de dire ça? Moi je trouve. Comment peut on trouver mieux après ça? Pardonne moi. Je voudrais juste que tu ne tombes pas comme moi. Je suis plus rien sans lui. Je ne veux pas avancer dans ce monde sans lui. Tu comprends ce sentiment, je sais. C'est égoïste à dire, à ce niveau là, la famille même ne peux plus rien pour moi. J'espère que tu n'en arriveras jamais à ce point là. Moi. J'ai plus la force.
Ici, ils continuent de me poser ces fichues questions, que je voudrais n'avoir jamais entendu. Ils m'insupportent. Leurs voix raisonnent comme craies et fourchettes que l'on gratterai contre un tableau noir. Ce bruit si stridant, qu'il t'en fait mal aux dents. J'en peux plus. Ils me torturent. J'en arrive au point à me demander si je ne devrais pas leur dire la vérité. Toute la vérité. Moi, je voudrais mourrir par la seul souffrance qui m'émane de lui. Et de mes souvenirs. Pas par celle qui m'arrivent par eux, par ces médecins. Je veux lui être fidèle. Je songe fortement à leur avouer. Ils sauraient enfin celui qui m'a meurtrie et mis dans cette état là. Je satisferais leur plaisir personnel. Et par la même occasion, me sentirai enchainé encore plus par la souffrance qu'il m'apporte. Au fond, c'est une façon d'être entièrement à lui. J'aurai le sentiment de mourrir près de lui.
Crois tu, qu'il se doute de ce qui m'arrive? J'y réfléchie jours et nuits. Je ne fais que penser à lui. Je doute fortement, qu'il croit que je sois capable de me retrouver dans un lit d'hopital, par amour. Et surtout pour lui. Il n'a jamais songé que je pouvais l'aimer à ce point. Plus il en apprenait sur mes sentiments envers lui plus il était surpris. C'est vrai que ça doit faire peur d'être aimer à ce point.
Papa arrive. Comme prévu je lui remets ta lettre. Je ne pense pas que se soit la dernière. Ils aiment me torturer. C'est des sado-masochistes.
Je pense bien à toi,
Joanna